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Des mesures pour juguler les braquages de banques


La situation est des plus préoccupantes. Même si le nombre de tels délits reste encore relativement faible, 38 depuis début 2007, elles ont connu une évolution pour le moins inquiétante. Plus de 700% de croissance en trois ans seulement. «Le nombre des vols reste limité, mais c'est l'évolution du phénomène qui nous alerte», confirme, Chakib Benmoussa, ministre de l'Intérieur.
Des attaques perpétrées par des bandes de plus en plus organisées utilisant les moyens les plus divers. Armes blanches, fusils, bombes lacrymogènes, cagoules et véhicules et des modus opérandi qui renvoient ces attaques au catalogue des phénomènes inédits, pour reprendre les termes d'un responsable du ministère de l'Intérieur. Cela, sans perdre de vue, s'inquiète le même responsable, le risque que le butin fruit de ces opérations serve pour des actions terroristes.

L'expérience qu'ont connue d'autres pays, en ce sens, est édifiante.
Bref, une forme nouvelle de délinquance, avec parfois une complicité à l'intérieur de ces banques mêmes, dont les moyens d'action ne cessent d'évoluer. «Nous faisons face à un risque qui existe et qui pourrait être durable, comme c'est le cas dans différents autres pays du monde», s'inquiète le ministre de l'Intérieur. D'où cette nécessité de mettre en place ce partenariat entre ministère et GPBM, pour renforcer le dispositif de sécurité et d'alerte. L'objectif étant d'abord la dissuasion, la mise en échec des tentatives de braquage et, le cas échéant, gagner en efficacité au niveau des arrestations. C'est-à-dire, en cas d'échec de tous les moyens de dissuasion mis en place, réduire le délai d'interpellation des malfaiteurs. D'ailleurs, l'expérience le montre, cette opération est plus facile lorsque les agences bancaires sont équipées de système de surveillance adéquat et opérationnel.

Le texte signé jeudi, qui est en fait un « cahier des charges minimum de sécurité dans le secteur bancaire » est le fruit d'un travail de concertation de plusieurs mois. Les premières réunions datent d'octobre 2006. Ces réunions de travail entre les représentants du secteur bancaire, les services de l'Intérieur, de la police et de la Gendarmerie Royale ont abouti à une première rencontre entre le GPBM et le département de Chakib Benmoussa le 18 avril dernier. Ce n'est d'ailleurs pas le seul travail de concertation et de coopération qui lie les deux parties, tient à préciser Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib. La Banque centrale est en effet au centre d'un maillage sécuritaire qui englobe la Gendarmerie Royale et les services de sécurité de l'Intérieur. Car, précise-t-il, attaquer une agence de la Banque centrale ou un véhicule de transport de fonds de Bank Al-Maghrib «serait encore plus symbolique que le reste».

C'est donc la première fois qu'une telle coopération s'institutionnalise et depuis le 18 avril dernier, les dernières retouches ont été apportées à cet accord qui se déploie en quatre axes pour aboutir finalement à l'appose des paraphes des deux parties représentées par Chakib Benmoussa pour le ministère de l'Intérieur et Othman Benjelloun, patron de la BMCE, pour le GPBM, sur un texte définitif dont les clauses devraient être mises en pratique dans les jours à venir.
L'objet de la convention concerne aussi bien l'identification du risque que le renforcement de la sécurité au voisinage des agences bancaires et la formation. Le réseau bancaire se développe et des agences sont de plus en plus implantées dans les zones isolées des quartiers où le risque est plus manifeste, fait-on constater. Une cartographie des risques donc, pour commencer.

Cela revient à établir un diagnostic de la situation sécuritaire dans l'environnement de chaque agence bancaire. Une fois le risque évalué, s'en suivra le déploiement de mesures et nouvelles normes de sécurité à l'intérieur des agences. Ces deux actions seront accompagnées par des sessions de formation pour le personnel. Au menu, essentiellement, le comportement à adopter en cas de tentative de vol et les mesures d'urgences à entreprendre. Ces trois axes seront complétés par des actions à même d'assurer un niveau satisfaisant de sécurité aux environs des agences bancaires. La mise en œuvre de cette convention, précise le ministre, n'empêchera pas pour autant son département de continuer à assumer, en parallèle, sa responsabilité de protection des citoyens et de sécurité à proximité des différentes agences que compte le réseau bancaire.

A noter que depuis janvier 2007, 38 braquages de banques ont été perpétrés. 24 ont réussi et 14 ont été avortés. Ces actes criminels ont concerné 23 provinces et préfectures du Royaume. Et c'est la région du Grand Casablanca qui a été la plus touchée avec 14 braquages et tentatives de braquage, soit 37% de l'ensemble. La région Tanger-Tétouan arrive en second rang avec 5 braquages, soit 13%. Les premiers datent de 2005, année durant laquelle 4 vols ont été enregistrés. En 2006, le nombre a grimpé à 10, soit une hausse de 150%. Depuis le début de l'année, soit seulement en cinq mois, 10 braquages ont été perpétrés.


Auteur: Tahar Abou El Farah
Site de l'auteur: lematin.ma
Publié le: June 14, 2008



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