Warning: mysql_num_rows(): supplied argument is not a valid MySQL result resource in /home/bmaroc/public_html/info/index.php on line 607
Sidi Ifni : La vérité sur des incidents téléguidés BMaroc.com | Bladi Le Maroc : le premier portail marocain damitié
Articles » Maroc
Sidi Ifni : La vérité sur des incidents téléguidés


Car, malgré la mise en place, le 18 juin, d'une commission d'enquête parlementaire sous l'impulsion de la majorité et dont les mécanismes de travail se veulent flexibles, la tension persiste dans cette province du sud-ouest marocain, entretenue, faut-il le rappeler, par plusieurs parties aux desseins non déclarés.

Une mise en contexte s'impose donc pour lever le voile sur plusieurs zones d'ombre. Depuis 2004, la province de Sidi Ifni connaît des manifestations encadrées par le secrétariat local de Aït Baâmrane ainsi que des partis politiques, l'association des chômeurs, Attac, etc. Bien qu'il ne soit pas légalement reconnu, ce secrétariat, de par son activisme, est entré dans une phase de monopolisation de l'expression politique dans la région. De fait, les élus locaux ont été marginalisés par rapport à ceux qui font résonner l'expression des frustrations locales dans la rue, soutient un observateur.

Durant quatre années, l'Etat n'a eu de cesse de proposer des intermédiations via les élus locaux, les notables et même les entrepreneurs, pour apaiser les ardeurs, en vain. Les revendications, comme partout dans le Royaume, appelaient à un développement local plus conséquent et palpable. Légitime dans une région où les conditions d'un développement rapide n'existent pas encore. Bien que timide, la réponse du gouvernement à ces doléances s'est traduite par quelques projets.

Surtout après la visite Royale vers la fin du mois de novembre 2007. Plus récemment et en mai dernier, la commune de Sidi Ifni a organisé un tirage au sort pour recruter huit agents d'entretiens. Une opération, somme toute, banale et qui pouvait passer sans tintamarre, sauf que quelques personnes ont contesté les résultats, mais sans pousser le zèle jusqu'à entamer des recours en justice ou déposer des réclamations.

Néanmoins et contre toute attente, un groupe de jeunes chômeurs, parmi les mécontents, se sont déplacés, fin mai dernier, au port, ont condamné l'accès avec des remblais et ont monté des tentes. Une centaine de camions remplis de poissons sont alors bloqués à l'intérieur. Au bout d'une semaine, les pertes ont été estimées à 6 millions de DH, provoquées par le pourrissement de 800 tonnes de poissons qui ont été enterrés dans des fosses.

Fait marquant, le groupe des manifestants a été dûment doté de repas et de la logistique nécessaire pour tenir durant plusieurs jours. L'on a même remarqué, selon des témoins, que les grogneurs se relayaient selon un système de rotation pour mieux maintenir le blocus. Parallèlement à cela, 1.200 personnes défilent dans les rues de la ville de Sidi Ifni en soutien aux jeunes chômeurs. Sachant que le port se trouve à une vingtaine de kilomètres de la ville, il est clair qu'il ne s'agit pas là d'une simple coïncidence et que les deux manifs ont été bel et bien orchestrées et synchronisées.

Jusque-là, les forces de l'ordre n'ont pas reçu l'ordre d'intervenir. Le gouvernement a préféré parlementer avec une délégation représentant les différents instigateurs avec l'ensemble des départements ministériels concernés. Le dialogue a duré plusieurs jours, sans donner de résultats. En pareilles circonstances, l'Etat n'attend pas toute une semaine avant de passer à l'acte. Sa patience, nourrie d'une considération, certes politique, eu égard à la connotation historique de la région, ne lui pas évité le courroux et les critiques autant des parties lésées que des observateurs.

La sommation a été lancée, mais il fallait encore attendre que les trois jours des épreuves du baccalauréat se passent sans encombres. Dans la nuit de vendredi à samedi, des manifestations ont, toutefois, éclaté. Entre 400 et 500 personnes ont investi la rue jetant des pierres au commissariat et incendiant la voiture du caïd. La riposte de 1.400 agents des forces de l'ordre, dont la plupart sont venus d'Agadir, ne s'est pas faite attendre. Quelques uns sont munis de bombes lacrymogènes et de balles en caoutchouc pour disperser les agitateurs.

L'intervention s'est soldée par une cinquantaine de blessés dont vingt parmi les forces de l'ordre et l'arrestation de personnes en possession d'armes blanches et de cocktails Molotov. Les agents sont entrés dans une douzaine de maison pour arrêter les jeteurs de pierres qui s'y étaient réfugiés. En tout, 11 personnes se trouvent aujourd'hui en détention préventive pour être présentées devant la justice. Il ne s'agit donc nullement d'une expédition punitive menée contre une ville de 20.000 habitants comme certaines parties ont laissé entendre, loin de là.
Samedi matin, des rumeurs ont circulé à propos d'éventuels morts parmi les manifestants, relayées par la presse, principalement la chaîne qatarie Al Jazeera.

Selon nos sources, le responsable du bureau d'Al Jazeera à Rabat n'a pas omis d'appeler le ministère de l'Intérieur qui a officiellement démenti ces rumeurs, mais le journaliste a préféré s'en tenir aux allégations de «témoins» qui, comble de la désinformation, ne se trouvaient même pas sur les lieux des incidents. Vite, l'intox a été exploitée pour installer l'image de morts dans les esprits. Les manipulateurs de tout acabit, aux relents malintentionnés, ont voulu surfer sur la vague. En l'absence de faits corroborant la thèse de l'existence de morts, les allégations ont vite basculé sur celle des viols. Comment croire à une telle dérive si l'on sait que les interventions se faisaient en groupe et qu'il serait par conséquent difficile pour un agent de déraper sous les regards de ses collègues ? L'hypothèse de viols ne tenant plus la route, les instigateurs se sont rabattus sur l'existence présumée de pillages.

Là aussi, pas une seule réclamation n'a été enregistrée ni au commissariat ni à la justice. N'en déplaise aux têtes pensantes de l'escalade à tout prix, tous leurs stratagèmes ont été battus en brèche. Remarquons, au passage, comment un petit incident peut être gonflé et utilisé comme déclic d'un processus bien ficelé dans le seul but est de détourner des revendications essentiellement sociales et leur apposer un cachet politico-humanitaire.

Vint alors l'ultime diversion. Le secrétariat, soutenu par le PJD, a créé une association dont l'objet est d'inscrire les personnes qui voudraient bien profiter d'indemnités. Une sorte d'«appel à victimes» qui ne manquera pas de faire des adeptes, sauf que les signataires reviendront bredouilles puisqu'il s'agit encore une fois de diversion.

La responsabilité des partis politiques en pareilles circonstances mérite réflexion. Certes, dans une période de transition après des législatives décevantes, le magma politique est sous l'emprise d'un malaise qui n'a pas manqué de détourner son attention de son rôle d'encadrement de la population. Du coup, le terrain est resté vide à d'autres types d'expression aussi démesurée qu'extrême du mécontentement. Pour certaines formations politiques, l'action sociale à travers les institutions est moins payante que d'autres formes de mobilisation anarchique. Par conséquent, toute intervention de l'Etat, respectant sa mission régalienne de maintien de l'ordre et de défense des intérêts de toutes les composantes de la société, est incriminée. Les incidents de Sidi Ifni nous laisseront, sans aucun doute, des leçons pour l'avenir.

L'audition suit son cours

Le président de la commission parlementaire d'enquête sur les incidents de Sidi Ifni, Noureddine Moudian, a affirmé samedi que toutes les personnes auditionnées par la commission, jusqu'à présent, ont fait montre d'une pleine coopération, aussi bien au niveau central que local. Ce qui a permis aux membres de la commission de se faire une idée globale sur le déroulement des incidents qu'a connus la ville.

"L'action de la commission dans la ville de Sidi Ifni n'est pas limitée dans le temps, puisqu'il sera procédé à l'audition des témoignages de nombreuses personnes se considérant comme victimes, de même qu'il sera procédé, dimanche à l'audition de responsables au sein du corps des autorités locales, du médecin de l'hôpital, d'acteurs économiques et de la société civile et de certains élus locaux, aux côtés de toute personne dont le témoignage est jugée utile pour faire la lumière sur ce qui s'est passé à Sidi Ifni", a-t-il précisé.

La commission avait procédé, vendredi soir, à l'audition du président du conseil provincial de Tiznit, avant de se rendre, samedi matin, sur les lieux des incidents. Elle a également visité le port de la ville, avant d'entamer l'audition de certains habitants se considérant comme victimes de ces incidents.


Auteur: Le Matin
Site de l'auteur: www.lematin.ma
Publié le: June 30, 2008



Comments




   Un géant s'en va
   Pour Becker, Nadal est le nouveau roi du tennis
   Les autorités serbes mettent fin à la longue cavale de Radovan Karadzic
   S.M. le Roi lance le programme de résorption des bidonvilles et de recasement au quartier «Turismo», d'un coût de 75,8
   Sidi Ifni : La vérité sur des incidents téléguidés
   S.A.R. la Princesse Lalla Amina remet les prix aux vainqueurs minimes
   La fameuse trêve est entrée en vigueur


Copyright © 2007 Bmaroc.com Tous droits réservés.