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2008, une conjonctaure globalement favorable

Auteur: Imane Berradi
Site de l'auteur: lematin.ma
Publié le: May 10, 2008

Interne qu'externe, s'inscrire dans la continuité de cette tendance.
Au plan de la croissance, les pronostics les plus optimistes basés notamment sur un redressement des activités agricoles pourrait baliser le terrain à un nouveau cycle conjoncturel. En tout état de cause, l'essentiel de la croissance projeté pour l'exercice en cours et dont le taux varierait, selon toute probabilité, dans une fourchette de 5 à 5,5 % ne constituerait qu'un rattrapage après le ralentissement notoirement brutal de l'activité en 2007.

Les fluctuations conjoncturelles, anticipées pour l'année 2008, militent pour un maintien de la croissance dans son sentier ascendant, avec une probable inflexion du rythme d'évolution en fin de période, prévoit ainsi le Haut Commissariat au Plan (HCP) dans un communiqué relatant les estimations pour le premier trimestre 2008 et traçant les perspectives d'évolution pour le deuxième trimestre 2008.

Les perspectives de l'économie marocaine pour l'année 2008, - en s'inspirant des dernières révisions de croissance internationale à la baisse situant celles-ci à 1,3% pour les pays industrialisés et à 5,6% pour le commerce mondial- semblent s'inscrire dans une conjoncture globalement peu favorable : une agriculture qui continue de subir les effets d'un niveau de pluviométrie encore insuffisant et une répartition à la fois spatiale et temporelle peu équilibrée, vu que la production céréalière, pour la campagne agricole 2007-2008, a été estimée à seulement 50 millions de quintaux, en dessous de 18% par rapport à une année normale et la valeur ajoutée hors agriculture ayant cru en glissement annuel, de 5,6% au premier trimestre, pourrait se poursuivre au deuxième trimestre à un rythme, légèrement inférieur, soit environ 5,2%, estime le HCP.

En effet, la hausse continue des prix de l'énergie et le renchérissement des matières premières minérales et alimentaires augmenteront davantage les coûts des facteurs de production remontant au passage les tensions inflationnistes au niveau national. Bref, le 2e trimestre 2008 ne serait que le prolongement du scénario des trois premiers mois de l'année, qui avait connu, en glissement annuel, un indice de prix de détail à la consommation en augmentation de 3,2% au mois de mars 2008; les "produits alimentaires hors frais" y ont contribué pour 1,7 point. Selon les analystes du HCP, la résistance actuelle de l'économie marocaine aux influences négatives de l'environnement international trouve son origine, essentiellement, dans les apports de compensation des prix de l'énergie et le dynamisme des activités marchandes hors agriculture.

Il s'agit, en particulier, des secteurs de la construction, des industries métalliques, mécaniques et électroniques et des activités d'exportation portant sur les biens de consommation et les demi-produits. La promotion des activités touristiques, l'extension des infrastructures publiques structurantes et la promotion immobilière au profit des classes sociales modestes pourraient offrir des opportunités d'investissement à l'abri des perturbations de la conjoncture internationale.

Faisant le point sur l'année commerciale écoulée, le HCP, dans son communiqué, a rappelé le déficit de la balance commerciale qui s'est creusée de 39,1% en 2007, les importations y ont contribué pour 47,1 points et ont été largement dopées à la fois par les produits alimentaires, les produits énergétiques, les biens de consommation et les biens d'équipement. Globalement, les importations ont augmenté de 22% en 2007. La faiblesse de la production locale en produits alimentaires et le renchérissement des cours internationaux ont été parmi les principales causes de cette forte ascension des importations.

Toutefois, une légère inflexion à la baisse, due, notamment, à un recul des importations en biens d'équipement et demi-produits, a marqué le début de cette année 2008. Les exportations ont évolué moins vite que les importations, tout en gardant une position conjoncturelle au dessus de leur tendance de moyen terme. Elles ont évolué au rythme de 7% en 2007 par rapport à 2006, tirées, essentiellement, par les ventes des demi-produits, avec une contribution de 3,4 points. Durant les deux dernières années, la demande adressée au Maroc a gardé un mouvement favorable et un rythme globalement stationnaire.

La croissance économique, au niveau national, est perturbée, par ailleurs, ces dernières années, par les aléas climatiques d'amplitudes de plus en plus étendues. En 2007, les effets de la sécheresse ont été rapidement ressentis, en assignant à l'économie globale, dont la situation était largement favorable en 2006, une décélération de son rythme de croissance. Toutefois, l'examen de l'évolution sous-jacente de cette croissance permet de relever une évolution positive et soutenue des principales activités marchandes. La relance des activités hors agriculture, enregistrée à partir de 2004, s'est soldée, en 2007, par un rythme de 5,9%.

La construction représente l'une des principales activités qui ont soutenu, au cours des dernières années, la croissance économique au Maroc. De 2003 à 2005, la valeur ajoutée du BTP a évolué, en moyenne annuelle, de 7,8%. Un détachement de l'évolution conjoncturelle de sa croissance de moyen terme a été relevé à partir de 2006. Il serait prématuré de se prononcer, au stade de la conjoncture actuelle, sur une éventuelle inflexion de son rythme de croissance et ce, malgré les anticipations, moins optimistes, avancées par les chefs d'entreprises, en ce qui concerne notamment la demande et les prix des matériaux de construction. Car, à l'inverse, estime le dernier rapport du Haut Commissariat eu Plan, « d'autres indicateurs, tels les possibilités de financement, les capacités de production et les prix de l'immobilier restent amplement favorables à une poursuite de l'amélioration des activités du secteur ».